Bot factory s'est imposé dans nos achats comme une évidence: il y a longtemps que je louchais sur Kanban mais sa réputation d'usine (!) à gaz me faisait craindre qu'il reste un peu trop longtemps sur nos étagères...
Alors quand Bot factory s'est présenté comme un version plus légère et condensée de son grand frère, je me suis dit que j'allais au moins commencer par celui là!
Les premières parties à 2 m'ont laissée mitigée... on ne se gênait pas beaucoup sur le plateau pour nos actions malgré la forte présence de Sandra qui condamne carrément un quart du plateau (et en change à chaque tour) dans cette configuration. il était trop facile d'anticiper sa prochaine place et de faire avec: elle ne faisait que retarder nos actions.
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| on voit ici en gros plan 2 pans du plateau: la ligne de montage où l'on construit nos robots, et le plateau tournant de production de pièces |
Je me suis un peu acharnée ne voulant pas m'avouer vaincue et l'ai présenté en soirée jeux à une table de 4, il était facile en effet d'imaginer que ce serait plus tendu ...Mais restait à voir combien!
Eh bien là il y a vraiment de la programmation à faire ... seulement 3 places pour 4 sur chaque morceau de puzzle du plateau, et Sandra viendra ici jouer les trouble fête car elle se déplace à son tour et suivant les choix des joueureuses avant elle, peut se placer là où on ne l'attendait pas... se retrouver avec elle ne sera pas dramatique, juste coûteux...On devra lui faire la conversation et donc perdre un jeton prise de parole qui nous était peut être indispensable pour optimiser notre tour ....Une situation qu'un joueur a vécu "en live" lors de notre soirée du 13 mai (ici)
Et comme de bien entendu cette situation tombe sur ceux et celles qui dans la vie sont le moins bavards... ce qui ne manquera pas de soulever quelques réflexions bien affûtées.
Les 4 tableaux proposent chacun: de construire un robot (si conditions remplies), acheter des pièces de robot, acheter les plans du robot (les deux nécessaires pour construire) et de remplir de contrats de construction. A cela s'ajoutent quelques cations dites "executives" souvent bien utiles pour nous sortir d'un mauvais pas .
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| ressemblance, non ? |
de plus quand on n'est pas le premier à se positionner, les actions peuvent avoir une force plus faible qu'on ne l'aurait voulu.
C'est particulièrement irritant lorsqu'on peut de ce fait poser que deux pièces de robot (sur trois) et que le prochain récupère la mise en ajoutant la dernière pièce!!
Et c'est quand même le plus souvent comme ça que ça se passe !!!
On ne construit que rarement son petit robot dans son coin...
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| pour obtenir le petit robot bleu , il faut non seulement achever sa construction sur la ligne de montage (premier pan de plateau) mais avoir conquis la tuile projet correspondante |
L'interaction repose donc sur le choix d'action avant les autres (tempo) et sur l'utilisation des avancées des autres.
C'est l'ordre du tour qui détermine en partie ces possibilités et il se lit de gauche à droite sur la piste des actions du tour précédent... On est obligé de laisser la première place aux autres ...
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| ici orange s'est positionnée pour réaliser un robot bleu à 7 points sur la première ligne de contrat |
Cette programmation casse la répétitivité du jeu (on peut construire jusqu'à 5 robots (condition de fin de partie), tout comme les contrats qui permettent de briser la routine en cherchant à valoriser l'effort ou la bourse des robots.
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| parmi nos actions (très comptées) on peut (doit) faire monter la cote de nos robots en montant le curseur de couleur ..;avec quelques bonus à gauche associés |
On oublierait presque qu'on est au boulot dans une usine de travail à la chaîne !
On prend plaisir à construire nos petits robots, a imaginer les actions convoitées des autres joueureuses, à voir Sandra gêner les autres ou pester quand c'est avec nous qu'elle veut bavarder.
Sous un design un peu froid (exception faite des meeples robots) le jeu suscite de belles émotion contradictoires...
Seul bémol: Il y a peut être un manque dans la règle pour comprendre ces cartes contrats (les exemples ont été recherchés sur le net !!!) mais une fois cela fait, l'iconographie simple permet de ne plus se poser de question.
Ajoutons à cela que tout ce que nous stockons sans faire aboutir leur utilisation : tuile projet non réalisée, pièce de robots, contrats font perdre des points en fin de partie...il faut viser juste! On ne thésaurise pas ici, tout doit servir!I
l n'y a guère que les jetons prise de parole qui rapportent un lot de consolation mais soyons honnête on court après tout le jeu et s'il nous en reste en fin de jeu c'est qu'on n'aura pas pu concrétiser une action prévue, rattrapé par la gong !
Si Kanban faisait peur, cette version là est très simple et nous oblige à tout optimiser ... on ne peut pas faire trop d'erreur.
Malgré cela je crois pouvoir le présenter à des joueureuses occasionnelles en les accompagnant un peu au début; et puis on a des nostalgiques de Nono le petit robot qui s'en donneront à cœur joie et oublieront qu'ils œuvrent dans une fabrique d'humanoïdes qui peuvent faire peur ! ...
Ou peut être prendront ils conscience que nos jouets d'autrefois se sont transformés...
Une bonne pioche pour notre gîte, il correspond pile poil à la demande la plus représentée chez nous ... facile à lancer et avec de beaux défis en 1 heure chrono.
Pour pouvoir essayer d'autres jeux qui font envie ...les séjours sont toujours trop courts !
un jeu de Quintela Martins et Vital Lacerda illustré par Pedro Soto
Pour aller plus loin: Je vous invite à lire l'analyse "bot factory, une chronique ouvrière" de Romain Pichon Sintes sur le jeu

























































