Précommandé dès son annonce pour sa proposition ludique originale,
le petit théâtre présentait aussi pour moi une certitude d'adhésion aux choix d'illustrations d'Olivier Derouetteau dont j'admire le travail*.
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| "Bienvenue au petit théâtre" ! Il ne manque que les tambours du garde champêtre pour prévenir de la séance! |
Sans attendre de recevoir des enfants, j'ai donc essayé le premier scénario afin de bien m'immerger dans l'univers et la mécanique du jeu.
Et je me suis bien prise au défi!
L'histoire, le fil rouge des énigmes, est assez loufoque pour qu'on se laisse porter par ces aventures empruntes de réminiscences de contes de fées et qu'on en rie!
Un casse tête façon quasi taquin: on doit faire glisser des images disposée selon un plan initial jusqu'à réunir la princesse et le troll follement amoureux et tout aussi incompris! et ces glissement se font à laide de cartes représentant les tiles personnages et des cartes verbes définissant l'action entre eux.
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| pour garder la surprise en en disant trop: voici le dos de la boîte |
Je n'aime pas présenter les jeux sous leurs aspects " apports pédagogiques aux plus jeunes" ...
Et pour bien comprendre ce refus, je vais citer quelqu'un qui en parle mieux que moi : Vincent Cuvellier dans son ouvrage "je ne suis pas un auteur jeunesse" à propos de la littérature jeunesse avec laquelle je fais toujours le parallèle albums/jeux .
"une autre surprise a été de voir que la littérature jeunesse avait ses propres réseaux qui n’étaient pas de tout ceux de la littérature générale. (..)
moi je pensais qu'on écrirait des articles sur mes livres". Genre, on aime, on aime pas, c'est bien écrit, bof, bref des criques littéraires, quoi! (..)
Bref ma maison d'édition m'envoie les premiers articles sur mon ou mes premiers bouquins et là je tombe des nues: un résumé, l'âge, le thème du livre et une ligne de "critique" genre "livre sympas sur la tolérance et le vivre ensemble".
Et merde, moi j'avais écrit un livre sympas sur la tolérance, le vivre ensemble, la citoyenneté, bref le contraire de ce que je voulais faire! Pas un mot sur le style, mais les thèmes abordés écrits en gros...comme si en littérature jeunesse le thème était plus important que le style ...
je me suis à alors imaginer une critique en littérature générale qui fonctionnerait sur le même schéma:
Bon, je rigole, mais en vrai je venais de comprendre qu'on ne parlait pas des livres pour enfants comme on parle des autres livres (..)
Ça a un tout petit peu changé depuis..". (fin de citation)
Dès lors alors que je suis un fan absolue de l'auteur, vous comprendrez que je me refuse à cette approche comme je me refuse à me considérer comme "prescriptrice" de lectures ou de jeux (autre travers du milieu dénoncé par l'auteur**)
Je ne nie pas les énormes apports du jeu dès l'enfance et encore pour les adultes, mais je me refuse de centrer ma chronique sur cette approche, d'autant qu'elle devrait, pour être un tant soit peu fondée prendre en compte bien des critères personnalisés.
Je regarde le jeu comme une œuvre à part entière, et préfère accentuer ma lecture sur ce que j'ai pu ressentir des émotions des joueureuses.
Celui là, outre la solidité du challenge, m'avait fait rire.
Et le calendrier m'offrant cette possibilité je me suis empressée de l'offrir à un de mes petit fils pour son anniversaire pile poil 8 ans ...
Je savais qu'il vérifierait l'âge inscrit sur la boîte!
Je l'ai aussi recommandé à un ami pour son petit fils du même âge, et pour qu'il puisse partager avec lui sa passion pour le théâtre qu'il pratique en semi professionnel depuis longue date en tant qu'acteur, scénariste ...et petite main polyvalente et suis curieuse de leurs échanges sur le sujet!
Pour le présenter à la foire du jeu de Brive, j'étais donc démunie de ma boîte, une situation que les distributeur/éditeur ont résolu en m'envoyant une nouvelle boîte pour ce festival.
Et je l'ai donc présenté dans la roulotte à un groupe de jeunes pour qu'ils et elles le découvrent en autonomie une fois la règle présentée.
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| boite fermée, la scène au repos |
Intrigué, attiré par un thème qui lui parlait, et une boîte qui nous transporte dès sa découverte, le petit frère s'est greffé au groupe (en surnombre puisque le jeu se joue jusqu'à 4) et sans savoir lire, mais il serait intégré à l'équipe!
A vrai dire les petites joueureuses se sont régalées de l'histoire mais sont assez peu entrées dans le défi...
Souvent pour les jeux dont le matériel ou la scénarisation sont très parlants, il faut prévoir un temps d'appropriation avant de lancer la partie, ce que le rythme du festival ne permettait qu'en partie.
ET donc même sans réussir à réunir nos amoureux incongrus la petite troupe s'est régalé de ce moment mi ludique-mi narratif !
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| dans la roulotte autour du jeu |
Et c'est lors du passage en vacances de nos enfants, que j'ai proposé à un autre petit fils de s'y lancer. C'est un recordman des casse têtes...
Par contre la lecture se joue de lui à son grand dam, et je ne savais pas si un jeu aussi scénarisé le porterait autant que je l'espérais.
Mais je savais pouvoir faire appel au numérique pour que lui soient lues les tenants et aboutissants de l'histoire, par des comédiens de théâtre qui plus est.
Ce qui permettait de plus de ne pas lui faire ressentir ses faiblesses et lui apporter un vrai jeu d'acteurs.
Mais il a préféré lire.
Je fus comblée!
Il faut dire que dès le 1er scénario, il s'organisait en réalisant un patron pour le plan de jeu!
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| le premier quadrillage sur A4 permettait d'aligner 6 tuiles en longueur par 3 de hauteur, |
Et il croyait bien que cela suffirait mais les scénarios avançant, il a du ajouter à son travail de quadrillage d'un A4, des extensions de tous les cotés
Franchement il a enchaîné les scénarios avec appétit !, dans l'acte 1 la scène 2 introduisant une nouvelle façon de considérer les positions, l'a un peu décontenancé mais il n'a pas hésité une seconde à prolonger ses cases pour visualiser les glissements des tuiles à effectuer. 4
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| le plan de jeu s'agrandit pour cette scène! |
Pour celui là il pensait ne pas y arriver ! mais ce fut haut la main qu'il résolut le défi!
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| la divulgacherie n'est pas loin quand on parle ou image ce type de jeu! |
Assez peu sûr de lui au début il a demandé une assistance bien inutile tant il réalisait la chose seul.(et qu'on était bien en mal de l'aider vu sa rapidité) Mais finalement cette demande d'être accompagné s'est muée en une satisfaction un peu triomphaliste bien entendu et très affective.
il y a quand même eu un petit hic lorsqu'un scénario lui demandait d'être méchant alors qu'il était à fond dans son entreprise de réunir les héros de l'histoire..
C'est dire si au fil des scènes on entre dans ce monde un peu fou, un peu vrai...
Qui n'a pas connu la peur du ressenti des parents à la présentation d'un prétendant...qu'il soit troll ou non?!
C'est toujours pareil avec nos enfants ou petits enfants, en tant qu'adultes , on se demande parfois pourquoi ils préfèrent s'installer même à l'étroit pour jouer au milieu des activités des grands alors qu'ils pourraient être si à l'aide ailleurs.
On oublie le côté social de partager l'espace, de pouvoir échanger le temps d'un instant un mot, un geste même si on est dans une activité qui pourrait sembler solitaire
Nous sommes grégaires quoiqu’on s'en défende!
Pour revenir au jeu il n'est pas donné pour un jeu solo, on peut partager le défi en coopération. Chacun proposant ses propres cartes pour former la phrase qui permettra de faire glisser, interchanger ou disparaître une carte encombrante sur le plan.
Peu de chances alors qu'une joueureuse "se la joue seule", puisqu'elle a besoin des cartes des autres pour avancer...
Reste qu'une peut se révéler un peu autoritaire sur les actions à entreprendre...et là le caractère coopératif (comme toujours) peut être mal vécu...D'où la vigilance de mise sur ce point lorsqu'on propose ce jeu
Dans notre cas, à la maison, si nous avons choisi le mode solo avec spectateurs et spectatrices, c'est pour que mon petit fils soit pleinement acteur du jeu et ne se repose pas sur les adultes supposés meilleurs pour réaliser les actions (ce qui est dans les faits le contraire)
Le voilà reparti vers d'autres lieux de vacances, il a laissé dans la boîte son "marque page" (nous y revoilà) pour se souvenir où il a laissé sa partie et un plan quadrillé qu'il m'a donné ordre de garder !
Une appropriation totale...donc!
Je suis vraiment contente d'avoir vécu ces parties à ses côtés, de l'avoir vu jubiler de sa réussite, de son invention du quadrillage, de s'être promis de continuer ...(et en tant que grand mère heureuse qu'il ait envie de revenir) .
J'ai vécu avec lui toutes ces étapes vers les victoires dont le niveau demande toujours plus apportant parallèlement toujours plus de satisfaction ...
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| nos héros jamais fatigués dopés aux grands sentiments |
Et puis la progression de l'histoire si chaotique comme une vraie épopée ne pouvait que l'émerveiller, lui qui est animé par des héros légendaires, qui s'est enflammé pour l'Odyssée .
Ses multiples périples l'emmenaient loin dans ce monde rêvé et le rendait curieux de la suite.
Ce qui ne peut que ravir une mamie liseuse d'histoires...
Les pédagogues seront comblés et je leur laisse détailler les enseignements multiples certains du jeu.
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| quelques cartes pour faire jouer les personnages de la pièce! |
De plus ici l’œuvre ludique s'adosse ici à un autre art proche, le théâtre , nul doute que ce monde artistique là se l’appropriera aussi pour de belles animations!
Carton plein pour cette proposition qui habille avec brio un mécanismes conventionnel et met des étoiles dans les yeux de mes petits enfants
Cependant il n'est pas réservé aux plus jeunes, c'est juste qu'on n'est pas bons en vieillissant face aux défis...IL nous faudra un peu de temps et une lecture différente des actes de la pièce de théâtre à jouer.
J'ai pris mon temps pour en parler et je ne regrette pas ( je n'ai aucune obligation de quelque sorte que ce soit!) ...
Je sais qu'il va continuer à ravir bien des joueureuses au gîte ou ailleurs et j'en reparlerai.
Toutes mes interrogations sur un jeu que j'avais envie d'aimer sont levées... Bravo!
un jeu de Gricha German et Quentin Guidotti illustré par Olivier Derouetteau.
** Vincent Cuvellier a reçu le 11 avril 2025 sous les ors du Grand Palais à Paris, le trophée spécial de l'auteur jeunesse de l'année...un comble pour celui qui refuse à se voir étiqueté auteur jeunesse. et l’interprétait ainsi:
"Pourquoi je ne dis pas auteur jeunesse? ben ,je ne sais pas ce que c'est auteur jeunesse, pour moi ça veut rien dire...comme si , parce qu'on écrit pour les gamins, on n'assumait pas complètement la dimension artistique du métier. Genre, on serait des auteurs, ça suffit, pour les mômes, c'est bien bon. Pour moi c'est simple: je fais des livres, j'écris, donc je suis écrivain..."
* j'aime le travail d'Olivier Derouetteau au delà du milieu ludique: dans d'autres milieux artistiques livres, affiches mais aussi dans sa collaboration avec la cie remue menage par exemple.

























































