lundi 1 juin 2026

Rebirth... renaissance de l'épure.

Commandé début octobre 2025, sélectionné pour l'as d'or en février 2026, Rebirth ne descendra de l'étagère qu'à l'occasion de notre sélection de jeux pour un week-end à la mer :un jeu long, un jeu de cartes, un jeu plus court.

 Pourtant l'Ecosse fait partie de notre ligne de mire depuis qu'on y a séjourné et ici il est question de la reconstruire après une destruction massive et de s'affronter entre clans pour y être le plus représenté. C'est pourquoi je m'étais précipitée à l'annonce de sa sortie en français.

plateau face Ecosse en fin de partie à 4

 

Mais  parfois, le tumulte autour d'un jeu fatigue, on a presque l'impression de l'avoir épuisé alors qu'on n'a pas ouvert la boîte.

Heureusement cette posture est tombée à la faveur de ce choix aidé par les circonstances.

Eh bien même si la configuration deux joueureuses n'est pas idéale: on condamne une partie de la carte , il n'y en a eu que pour lui sur ce séjour : les deux cartes y contribuent grandement, on a voulu l'essayer sur les deux faces Ecosse et Irlande. 

installation du jeu coté Irlande: il n'y a plus de cathédrale mais des colonnes rondes sur lesquelles on pose des tuiles (normalement sur le verso, ici certaines sont retournées pour la compréhension, voir détail tuiles sur aide de jeu plus bas)

La carte Irlande avait été présentée comme plus difficile, je n'ai pas trouvé. C'est assez différent, la levée de certaines contraintes de pose augmente les choix tactiques mais on reste dans le jeu simple et dense et surtout les objectifs ici sur des tuiles visibles de tous restreignent le hasard qui pouvait être mal vécu sur l'Ecosse.

exemples de cartes mission (objectifs) en haut celle pour le jeu sur l'Irlande (8 posées face visibles en objectifs communs avec les points selon l'ordre d'arrivée pour résoudre cette mission, parfois une tuile tour ronde nous octroie une de ces missions à titre privé; en bas les cartes mission de la version Ecosse piochées lorsqu'on pose un étage de cathédrale
 

Parce que maintenant que je présente le jeu dans des parties pour 4: je dis juste c'est un jeu où le tour de jeu est simplissime "tu pioches, tu poses" ... Sauf que,  après tu vois que cette pose est loin d'être anodine , que la carte va se couvrir des tuiles de chacun, qu'il faudra défendre tes conquêtes, en reprendre quand elles t'auront été dérobées, repartir vers d'autres lieux, te placer partout et tu n'es vraiment pas tout seul! 

à l'assaut des châteaux: au premier plan le rouge reste rouge pour l'instant (regle de l'antériorité) pareil pour le bleu au second plan, par contre l'abbaye au premier plan a déjà 3 étages: bleu sur le dessus puis beige puis rouge dans la matérialisation inverse de l'arrivée, chacun a pioché une carte objectif (mission privée)

un point de règle un peu difficile à présenter de manière comptable dans le bris d'égalité pour les châteaux est l'avantage des tuiles ferme par rapport aux tuiles communautés (je l'avais présenté comme elles comptent mais un petit peu moins, ça ne veut rien dire mais ça a marqué les esprits pour la prise en main du jeu) 

par contre ici rouge a perdu son château car sa tuile rouge communauté vaut "un petit peu moins" que le tuile ferme énergétique de bleu

N'empêche que le jeu démarre assez lentement, ça donne du temps à ceux qui découvrent de se projeter! 

A toutes les parties faites avec différentes joueureuses, j'ai entendu en cours de jeu "oh, il est bien ce jeu" lâché avec étonnement. 

Comme ce sont des joueureuses plutôt aguerries, ça commence en riant , et puis le silence s'installe pour laisser la place à la concentration sur le calcul des coups à faire.

A quatre on a un peu de mal à deviner (surtout qu'il y a des objectifs secrets) qui sera premier et parfois on s'en prend au joueur en tête sur la piste des points au cours de la partie alors qu'il n'est pas forcément celui qui nous ravira des places lors du décompte final.

Pour cela, on lui ravit ses châteaux , on l'empêche de faire de trop gros ensemble de tuiles, et comme souvent c'est le plus discret qui sera vainqueur. Pourtant on devine un peu les objectifs glanés dans le jeu.

Ceux là se piochent lorsqu'on jouxte une cathédrale avec une tuile (et qu'on y pose un étage donc). Un défaut du jeu est que ces objectifs se révèlent impossibles lorsqu'ils arrivent tard dans la partie...Certes on peut tenter la course pour en obtenir en début de partie lorsuqu'ils sont encore réalisables mais ça n'est possible que pour quelques uns.
J'ai lu quelque part une proposition d'en faire piocher deux et laisser le choix de celui qu'on garde, ça atténuerait un peu cette aspect chance.

 

carte aide de jeu mode recto et verso: tout est clair ! 

Sur ce jeu de pur casse tête très interactif , on peut donc voir poindre un léger bluff pour ne pas être surexposé aux attaques des autres.

Certains consolident leurs châteaux, essaient de répondre à leurs objectifs...C'est un peu le leurre du jeu ...On est aveuglé par cette finalité là. Or à chaque partie que j'ai faite , ce sont les joueureuses qui avaient su se constituer de grands ensemble qui ont gagné...Et parfois même il survalorisaient la chose en répondant à un objectif en ce sens!

regroupement de tuiles fermes agricoles oranges 5 points, mais 4 le coup d'avant aussi etc, rouge fait de même avec ses tuiles fermes énergétiques, par contre bleu est coincé à 4 points sur ses fermes énergétiques mais a défendu son château avec ses tuiles.(voire l'a piqué à orange, maintenant il est imprenable, et correspond peut être à une carte mission privée 
 

A bon entendeur salut!

Mais qu'il est facile de proposer ce jeu! et à tous types de joueureuses!

Les occasionnels se laisseront surprendre et pleureront que le jeu est brise neurones

Les plus chevronnés riront de s'être laisser prendre à un jeu qui leur paraissait simpliste et qui les aura obliger à revoir leur jugement.


 

jolies constructions 3d sur plateau

Il risque de fortement tourner tant aux soirées jeux qu'au gîte car sa durée, l'esthétique de son plateau lorsqu'il est remplit en séduira plus d'un.

Je comprends qu'il fasse parler de lui. Il est souvent comparé à mille fiori du même auteur ... 

J'aime bien présenter les deux , celui là est plus immédiat je pense du fait de son tour de jeu descriptible en deux mots. Mille fiori avait une phase de draft , des zones de pose différenciées...qui ne sont pas toujours entrées dans les habitudes de jeu de chacun, chacune.

en soirée jeu quand les joueureuses découvrent que c'est pas si simple!

Et comme ce sont souvent les règles qui sont l'obstacle pour les joueureuses occasionnelles, ça le met en tête dans ce contexte.

J'aime bien l'épure dans le jeu, là je suis servie ! 

Il a tout pour s'installer comme un futur classique ...L'avenir nous le dira ! 

 

un jeu de Reiner Knizzia illustré par Kate Redesiux et Anna Przybylska 

 

 

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