C'est bien beau d'avoir des coqs de pêche....mais à quoi cela sert-il ? demandent nos locataires.
Eh bien à produire de la plume de qualité pour confectionner des mouches pour la pêche ... à la mouche.
Les plumes que l'on prélève lors de la mue des coqs sont les hackles, plumes du haut du cou qui permettent de faire des collerettes , les pelles, plumes larges du dos ou des ailes qui donnent des fibres très toniques et les lancettes avec lesquelles on réalise les "bourrues".
Pour ma part entre les nombreux ouvrages littéraires ou techniques, deux ont particulièrement attiré mon attention car ils reflètent la longue tradition de pêche à la mouche dans notre secteur: "coqs de pêche en Limousin " publié en 2001 de Charles Gaidy et "pêcheur de truites" de 1959 du Docteur Jean Juge, un médecin de campagne (comme il aimait à le dire) de Chamberet, un voisin en quelque sorte.
Ces deux ouvrages sont bourrés d’anecdotes croustillantes (plus ou moins enjolivées sans doute !), mais aussi de savoir-faire vécus par les auteurs.
C'est ainsi que j'ai découvert la méthode corrézienne traditionnelle pour faire des mouches à abdomen déporté sans matériaux synthétiques ni métaux, rien qu'avec .... des plumes de coq. Ces mouches "exactes" représentent les éphémères dont la célèbre mouche de mai.
L'axe porteur de l'abdomen est en fait le rachis d'une pelle de coq qui donnera aussi les cerques une fois l'excédent coupé.On fixe cette plume sur l'hameçon (ici du 14) à l'aide de la soie de montage (ici olive 8/0) et on la tend vers l'arrière à l'aide d'une pince à hackle on choisissant l'angle voulu pour l'abdomen par rapport au thorax. Le Dr Juge utilisait une espagnolette (quelle joli mot !) de fenêtre. Pour ma part, j'ai un petit meuble mobile que je peux bouger donc régler la tension.
On peut alors fabriquer le corps, dans notre cas en entourant un fil de soie de Paris (matériel hautement hydrofuge) de couleur olive. J'en ai récupéré un stock de différentes couleurs chez la maman d'Armelle, qui le tenait de sa mère qui brodait et ravaudait.
Pour parfaire ce corps on réalise un cerclage, ici en fil de soie marron 6/0 peu torsadé.
Puis vient la phase de confection des ailes, ici en plume de flanc de canard naturel. L'asymétrie entraînera sans aucun doute un certain vrillage de pointe de la ligne lors du lancer !
Enfin pour assurer une bonne flottabilité et miner les pattes, on utilise une collerette en hackle de coq sur plusieurs tour d'enroulement.
et voilà, la mouche est finie..... pêche-t-elle ?
elle peut se décliner en différentes tailles et différentes couleurs








Merci pour ces explications claires et pédagogiques, il ne reste plus qu'à voir la rivière et le poisson leurré 😁
RépondreSupprimerattendons un peu que l'eau se réchauffe et asseyons, pour le moment je pêche .... les chevesnes avec des mouches sulfures.
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