mercredi 20 mai 2026

une autre mouche traditionnelle du Limousin

 Dans la série des mouches traditionnelles limousine, il y a le sedge de la Vienne, mouche  décrite dans l'ouvrage de Charles Gaidy "les coqs de pêches en Limousin, de la plume à la mouche artificielle". Sedge est mot anglais (beaucoup de désignation de mouches sont anglaises !) qui désigne les mouches sensées imiter chez nous les phryganes, ces petits trichoptères qui éclosent et volent souvent à la tombée de la nuit, donc recherchés pour le coup du soir. Leurs larves sont caractéristiques car elles vivent dans des fourreaux qu'elles fabriquent avec de tous petits cailloux ou des débris végétaux. Suivant les régions, on les appelle portefaix, charge bois, porte-bois ou traîne buche,... Avec mon père, nous les utilisions comme appât vivant pour pêcher les gardons.

Bien sûr, la taille des sedges varie ainsi que leurs couleurs, mais chez nous ils sont plutôt petits avec la caractéristique de l'ordre des trichoptères: des ailes longues "repliées en toit" dépassant l'abdomen. La couleur de l'abdomen est variable suivant l'âge et l'espèce du vert olive au brun foncé.

Pour la réalisation, j'ai choisi (avec quelques variantes) le modèle présenté dans l'ouvrage de Charles Gaidy. 


Sur un hameçon droit de 14, avec un fil de montage 8/0 orange, on réalise un enroulement jusqu'à la courbure. Dans son livre C. Gaidy préconise alors pour le corps un dubbing de lièvre olive cerclé par un léger tinsel doré. J'ai plutôt opté pour un corps en soie d'Alger cerclé d'un léger tinsel argenté. La soie présent l'avantage d'être hydrofuge et tous les filaments détachés sont compatibles avec l'aspect "bourru". La soie assure donc un meilleur flottaison. Attention, il faut prendre de la soie naturelle "non chargée". La couleur choisie est assez neutre: beige  ou coquille d’œuf. Le cerclage est léger quelques tours seulement.



Pour augmenter encore la flottabilité, j'ai fixé une plume de cul de canard rousse en dessous de l'aile proprement dite. Celle-ci est confectionnée à partir de pointes de pelles de coqs. Les pelles de corps sont plus larges et deux (une de chaque côté) peuvent suffire si la qualité est au rendez-vous. Pour les pelles d'ailes souvent avec une pointe plus "triangulaire", il en faudra deux de chaque côté pour avoir des ailes "fournies". On fixe les pelles et en tirant sur le rachis, on les place dans la bonne direction et à la bonne longueur. Après avoir retirer l'excédent, il est conseillé de consolider avec un point de colle ou de vernis car il a des fibres libres qui ont été coupées.



Une fois cette opération un peu délicate réalisée,  on procède à la mise en place de la collerette avec un hachkle de coq toujours limousin ! 


et voilà notre mouche finie, elle ressemble au modèle, merci Mr Gaidy. Gageons qu'elle sera fertile lors d'un coup du soir sur la Vézère ! 

  

 

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