lundi 29 juin 2026

Paon il fait la roue pour faire le beau ! Il l'est, mais pas que !

 Paon est achat coup de cœur sans aucun renseignement sur le jeu, sur un festival local corrézien (les grauludiques ) avec quelques indices quand même, c'est la première localisation de l'éditeur (à n'en pas douter il a du être charmé pour se lancer)

une boîte attrayante

C'est clair qu'il est magnifique et puis les oiseaux de basse cour , ça nous parle et pas que les oiseaux d'ailleurs puisque l'âne est un animal de basse cour !

J'ai même du contacter l'éditeur car je ne trouvais aucun renseignement sur l'illustrateur et vous invite à visiter sa page  

une carte goodie en cadeau du festival au logo de l'éditeur OKa Luda
 
De là à dire qu'on y allait les yeux fermés (surtout pas il faut profiter des illustrations! C'est juste une expression) , il n'y a qu'un pas mais on voulait savoir ce qu'il avait dans le ventre aussi !!!

Premières tentatives à deux et ça marche. 
Pourtant le draft 
à deux (comprenez une  rotation de de la main de cartes entre les joueurs avec prise d'une carte) touche en général à ses limites mais là il devient un élément stratégique dans le tempo de nos choix (à une carte près, on sait ce qui va nous revenir) 

On va donc drafter les sets distribués pour ne retenir qu'une carte à poser : oiseau ou île; et ce jusqu'à épuisement du set.

exemple vu en cours de jeu en haut à droite , une erreur de pose de cartes qu'on indiquera à la joueureuse dépitée de l'apprendre un peu tardivement ! Était ce un oubli du présentateur ou de la découvreuse du jeu à l'explication de règle?!

Et puis on pose les oiseaux en face des îles qui peuvent les accueillir à savoir : une  famille de chaque côté de l'île, famille limitée au nombre de l'envolée maxi stipulée sur les cartes oiseaux.
 
Évidemment pour que ces oiseaux rejoignent l'île il faut qu'ils y trouvent leur pitance, et c'est donc à nous d'y pourvoir en ajoutant si besoin des cartes îles sous les cartes de départ pour développer les ressources nécessaires.
On peut aussi créer de nouvelles îles avec ces cartes qui elles mêmes accueilleront des oiseaux...
Jusque là on est en terrain connu d'un jeu de collection, qui sollicite quand même notre cerveau pour bien choisir les cartes.

carte île ajoutée sous l'autre pour en diversifier les ressources lors de la manche en mode ciel


Là où ça se corse c'est qu'en seconde manche le jeu reste en place tel quel mis à part  les cartes îles qui pivotent et n'offrent donc plus les mêmes nourritures ..( on pourra remanier son jeu pour répondre aux exigences des oiseaux.), le score ira donc idéalement crescendo au fil des manches ..puisque chaque manche nous offre la possibilité d'ajouter des oiseaux (donc des points) ou des îles pour les accueillir et pour ce faire on drafte de nouveau un nouveau set de cartes 

les cartes pivotent pour le deuxième manche en mode sable. on voit qu'il n'y a plus qu'une ressource disponible



Le jeu se joue en trois manches des saisons) et donc on pivotera donc encore une fois nos îles (coté ciel ou coté plage)  pour la troisième puis ce sera le décompte.
Et ça c'est littéralement chavirant !
 On découvre qu'on a mal calculé nos agencements pris dans cette pirouette.
 

chaque envolée d'oiseaux est limitée par l'envolée signalée sur la carte (ici 4) donc les 2 cartes à droite ne peuvent être ajoutées. Un point de règle découvert en soirée jeu car je pensais que l'envolée signifiait aussi le nombre de specimen dans le jeu (réflexe de joueureuse)
 . Le corbeau exige un poisson ou une viande en ressources sur l'île mais un bonus est accordé si l'île fournit les deux


 C'est chouette d'être pris à contre pied de nos habitudes ludiques. 
Être ainsi malmené peut susciter le rejet du jeu...Mais c'est dommage! 
Pourtant je suis assez réticente  à sortir de ma zone de confort comme nous l'intime souvent la société... sans doute l'exception est culturelle chez moi ... 

chaque oiseau a un pouvoir: ici le hibou viking permet la pose d'un second hibou viking en phase plage alors que son "envolée" est limitée à un seul (dessin en haut à gauche . par ailleurs il rapporte 5 points et exige une ressource viande.
 
On ne peut pas dire avec ce jeu qu'il fait double emploi, il est unique .
 La comparaison avec Faraway s'arrête aux sensations perturbantes du jeu qui introduit lui aussi des rebondissements qu'on apprécie ...ou pas.
 faraway  une fois bien pris en main se maîtrisait vite.(les extensions renouvellent l’expérience de jeu)  
Alors que Paon prendra plus de temps! 

l'envolée de cet oiseau permet deux specimen mais il semble peu enclin au voisinage de son congénère ...pénalité de deux points s'ils sont deux ... et donc 5 points au lieu de 7 par carte.

 

 Personnellement je trouve que c'est le type de jeu sérieux où l'on ne se prend pas au sérieux...
Une devise que je m'approprie souvent comme guide de conduite de ma modeste existence .
Ici elle s'illustre en abîme (un symbole dans le symbole) puisque c'est déjà ce qui pour moi détermine mon activité ludique comme allégorie de la vie en sens large .

.Néanmoins jouer à Paon requiert un minimum de méthode pour ne pas mélanger les cartes au cours du draft ou lors de la réorganisation de notre espace de jeu,, ce qui nuance un peu son accessibilité.
En fin de manche on va de plus passer les cartes qui ne peuvent être posées au voisin puis elles seront défaussées si elles s'avèrent impossibles à être ajoutées aux cartes déjà en place.
de quoi s'emmêler les pinceaux si on n'est pas assez rigoureux (juste un peu!)

A partir de là attention possibilité de spoil! sauter le prochain paragraphe en caractères bleus!

Mon seul doute est que pour l'instant la stratégie gagnante a été de multiplier les îles, et constituer ainsi un grand archipel ce qui ôte un peu de la pertinence au mécanisme central de pivot des cartes ...En effet lorsqu'il y a plusieurs cartes sur une île coté ciel, la carte ajoutée ne se retrouve pas après avoir tourné les cartes coté sable.(et réciproquement) et ça apporte plus du sel au jeu.
A vérifier sur plus de parties en différentes configurations 

la joueureuse  avait constitué sur cette partie un archipel de 5 îles

Pour moi il a tout d'un grand (sous réserve du point évoqué ci dessus) ..;dans une toute petite boîte avec juste des cartes et un mécanisme qui nous perturbe 

En tout cas c'est tout ce que je lui souhaite.
La mécanique sera d'autant plus plaisante et en accord avec les illustrations que les termes de la règle seront repris, c'est un conseil que donne l'éditeur
Parler d'affinités entre espèces pour décrire le bonus d'occupation de part et d'autre de la carte  l'île apporte un peu de poésie ornithologique.

l'oiseau à droite se contente d'un poisson ou d'une viande ..mais il a une certaine affinité pour le voisinage de deux martins pécheurs (ici à gauche ) qui ajoutent deux points de bonus aux deux points de sa carte. Le martin pêcheur lui se contente d'un poisson mais s'il pouvait y en avoir un de plus sur l'île cela rapporterait deux points de plus pour sa carte.

 Que c'est bon de se laisser surprendre par un jeu dont on ne sait rien, d'avoir risqué une découverte, ce qu'on ne fait pas assez par peur d'une dépense inutile ou de perte de temps (peu de temps sur ce jeu là) 
On dit que la pratique culturelle se conjugue avec risque et surprise ..en voilà en bel exemple!

 Un jeu que je pense ressortir souvent : idéal pour nos visiteurs au gîte ou en famille.
Si, malheureusement il s'avérait moins riche que je l'idéalise par rapport au bémol évoqué , je ne leur dirai pas qu'il y a une martingale... 
Leur plaisir restera intact au moins dans leurs premières parties ! 
Et si c'est avéré et découvert, il faudra bien la mettre au grand jour afin que chacun dispose de ce constat pour jouer à armes égales mais ça m'attristera ... même si ça reste une possibilité offerte à tous et toutes dans le jeu. 

Je reviendrai donc après 50 ou 100 parties pour bien analyser ce point qui gratte un peu. 

Pour l'instant je ne boude pas mon plaisir ! 

 

 Un jeu de Chris Priscott illustré par Faizul Mudhakir

 

 

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